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Cahier critique

Corine Pelluchon, Les nourritures

Plaidoyer pour un « cogito gourmand et engendré »...
Corine Pelluchon, Les nourritures                                (Éditions du Seuil, 2015)

 

Giovanni Cerri, La poétique de Platon

Pour en finir avec l’idée que Platon honnissait les poètes...
À propos de Giovanni Cerri, La poétique de Platon


(traduit de l’italien par Myrto Gondicas, Les Belles Lettres, coll. L’âne d’or, 2015)

Teresa Obolevitch, La philosophie religieuse russe

Une initiation à la pensée religieuse russe.
Teresa Obolevitch, La philosophie religieuse russe                         (Cerf, 2014)

Ce livre est un manuel de philosophie qui vient combler une lacune importante dans le champ francophone. Il a eu des prédécesseurs illustres, dont celui en deux volumes de Basile Zenkovski ou celui de G. Florovski, tous deux épuisés et difficiles à trouver. Cette Philosophie religieuse russe vient donc à point, complétant l’impressionnant et passionnant Dictionnaire de la philosophie russe publié il y a quelques années chez L’âge d’Homme : nous avons là deux outils précis et riches pour explorer cette philosophie par trop méconnue en France, et si peu utilisée.

Gérard Bocholier, Le poème exercice spirituel (Ad Solem, 2014)

En intitulant ses deux recueils de poésie Psaumes du Bel amour (2010) et Psaumes de l’Espérance (2012), Gérard Bocholier posait radicalement l’épineuse question du je psalmique. Il justifiait ainsi l’appellation de psaume pour sa poésie : « Je pourrais le définir comme un prélude lyrique de la prière, une méditation préalable à l’invocation, un exercice spirituel qui s’efforce à la plus grande simplicité, dans la fidélité à l’Esprit qui l’a fait jaillir. »

Le poème exercice spirituel affine heureusement cette confuse identification entre parole biblique et parole humaine. Il n’est plus d’abord question de psaume mais de poème, sous forme d’aphorismes et non de quatrains en heptasyllabes. La vision du poème comme « exercice spirituel » n’est pas nouvelle, depuis la parution d’un important dossier dirigé par Max-Pol Fouchet dans la revue Fontaine (n°19-20 de mars-avril 1942), jusqu’à la récente reprise par la revue Sorgue (n°6 de 2006).

Philippe Nouzille, Au-delà de soi. Révélation et phénoménologie (Hermann, 2014)

Chacun se souvient du mot de Térence : « je suis homme, et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Le philosophe contemporain est en droit de lui ajouter une variante : « je suis phénoménologue, et rien – rien de ce qui apparaît dans le monde, jusque dans ses confins – ne m’est étranger ». Voilà qui devrait suffire à donner droit de cité à Dieu en phénoménologie, moyennant deux remarques de presque bon sens. La première que la révélation, si elle a lieu, a bien lieu dans le monde, comme révélation à notre humanité. La seconde qu’elle a lieu d’une manière propre à Dieu, qui diffère des conditions générales dans lesquelles des objets d’expérience nous sont donnés – phénoménalité à la limite (un lecteur de Maldiney dirait ici : à l’impossible), au-delà de l’horizon du monde (au-delà de tout horizon posé de manière a priori et qui pourrait contraindre la libre venue des phénomènes, donc aussi au-delà de l’horizon du monde) et au-delà de soi (pour reprendre le titre de l’ouvrage). Là commencent les difficultés que l’auteur s’emploie à dénouer avec intelligence, patience et clarté. Une révélation ne peut avoir lieu qu’à s’inscrire dans un espace où venir à la rencontre d’un soi, à condition d’ajouter aussitôt qu’elle ne laisse indemnes ni cet espace ni ce soi.

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